Κυριακή, 5 Μαρτίου 2017

Quelques leçons de l'expérience SYRIZA

Le gouvernement SYRIZA qui compte déjà deux années de vie, est une expérience unique en Europe, de laquelle les partis de gauche des autres pays, surtout ceux qui sont proches d'une victoire électorale, devraient tirer des leçons fort utiles. Le fait que le gouvernement de gauche en Grèce a été obligé d'appliquer les politiques contenues dans le 3ème Memorandum, a dans la plupart des cas conduit des formations politiques et des analystes de gauche, à une approche de la 'question grecque' à travers les politiques des institutions européennes, qui sont appellées à changer leurs orientations centrées sur les mesures d'austérité et la sauvegarde de la profitabilité des banques. Il est vrai que les 'institutions' exercent une pression forte sur tous les aspects des politiques économiques et sociales du gouvernement grec, mais ce que ce même gouvernement a nommé 'programme parallèle' reste une voie possible pour recomforter les classes populaires mais aussi pour appliquer des politiques structurelles dans le cadre d'une stratégie de 'reconstruction' qui doit concerner l'appareil productif, les institutions sociales, et le cadre environmental.


Gouverner, à quelque niveau, signifie que l'on doit assumer trois choses: élaborer et faire accepter un plan par des processus démocratiques, gérer ce plan avec des institutions et des instruments politiques, et enfin avoir le personnel capable de faire fonctionner ces institutions et ces instruments. Mais pour ce faire on ne commence pas à zero, car le régime précédent, chaque fois, a donné des réponses à ces questions, d'une façon ou d'une autre, et il s'agit donc de réaliser une réforme institutionelle de grande envergure et de définir d'une nouvelle manière ce que sont des connaissances requises, les nouvelles formes organisationelles de gestion et les nouvelles procédures de prise de décisions. Celà doit se passer à tous les niveaux, communal, régional et étatique. Et de telles transformations doivent être fonction tant de mobilisations collectives, même au sein des administrations, que de processus cognitifs et même de processus systématiques d'éducation et d'apprentissage.

Le charactère de la crise est une question bien entendu théorique mais aussi pratique. Est-ce que le capitalisme contemporain, dont la dynamique conduit à une déterioration dangereuse de notre environment, qui est geré par des banquiers indiférents pour tout ce qui n'est pas leur profit, qui conduit à une explosion des inégalités, est capable de se baser sur de nouvelles alliances et hierarchies sociales, et de choisir des logiques reproductives et viables pour nos sociétés? La Grèce n'est pas une économie, une société qui a raté le train de l'avenir, mais un cas qui montre quel est cet avenir. Celà signifie qu'un gouvernement de gauche doit faire des choix stratégiques aux niveaux de la production, de la protection sociale, et de l'environment, qui se placent en dehors du cadre institutionel et du modèle de gestion de l'économie capitaliste, même si ces choix en peuvent pas conduire à des changements d'ensemble immédiats ou simultanés. Mais ces changements doivent être significatifs quant à leur importance stratégique et leur rôle transformatif, et aussi leur poid concernant les rapports de force sociaux et politiques.

Les institutions et les pratiques informelles qui les accompagnent, expriment des alliances et des rapports de forces dominants. Des institutions et pratiques exprimant les intérets d'une alliance populaire de fait – comme celle qui a porté SYRIZA au pouvoir – doivent quitter le terrain d'une alliance qui se constitue pour garantir la sauvegarde des intérets des groupes capitalistes, et être capables de plannifier la réalisation des choix stratégiques au profit des classes populaires. Cette plannification et ces choix ne peuvent être décidés par une bureaucratie étatique, mais doivent venir de procédures démocratiques qui sont elles mêmes des innovations majeures. Ce changement d'orientation ne signifie pas que le secteur privé est éliminé mais que la plannification démocratique combine des interventions publiques – dépenses et investissements – des investissements privés, et des initiatives sociales et solidaires. Le contrôle démocratique doit aussi concerner les structures d'applications des politiques décidées et des soutien aux entités de toutes catégories, surtout les petites entreprises, les entreprises familiales et les intitiatives d'économie sociale et solidaire.

Une crise de régime

Les conséquences de la crise et de la gestion de la crise par les memoranda successifs sont déjà dramatiques: une baisse du PIB au delà de 25%, un chômage autour de 24% et pres de 30% selon l'Institut du Travail, une baisse de la production industrielle qui atteint 60% dans les branches autres que l'alimentation. Mais à l'endettement et la très basse competitivité se sont ajoutés des problèmes comme la réduction à zero quasiment de la capacité des banques 'systémiques' à financer l'économie, la fuite de capitaux à l'étranger, la contraction de la classe des entrepreneurs où dominent les revendications et propositions liées à la survie des entreprises et pas les préoccupations liées à la restructuration de l'économie. Des experts du ministère de l'économie signalent le danger d'une dynamique d'émigration continuelle des jeunes qui conduira à la perte des travailleurs les plus qualifiés mais aussi à une diminution sugnificative de la population du pays.

Le gouvernement de gauche en Grèce peine à réaliser le tournant nécessaire. Dans le domaine important des politiques d'aide à l'investissement, le cadre institutionel hérité du régime précédent n'a pas été réformé d'une façon significative. Il s'agit d'un système de gestion surtout des subsides des fonds structurels européens, et aussi des fonds gérés par le Fond Européen d'Investissement. Les fonds publics sont consacrés à des demandes déposées par chaque entreprise, qui sont approuvées individuellement. Même aujourd'hui et malgré le fait que des choix d'ensemble doivent être faits par régions pour reconstruire le pays, aucune plannification n'est réalisée, pour assumer les transformations structurelles nécessaires, et accelerer l'augmentation de l'emploi. C'est un système qui depuis plus que deux décenies a reproduit les structures existantes, a gaspillé des ressources et a favorisé le clientélisme et la corruption, tout en conduisant l'appareil productif vers la perte accelerée de capacités et la crise de competitivité. Les fonds d'investissement fonctionnent selon une logique bancaire, et s'addressent à des entreprises profitables en dehors de toute logique de développement planifié.

Le scenario mis en avant aujourd'hui par les institutions mais aussi par le gouvernement grec est celui de la 'croissance' qui sera le résultat d'investissements par des entrepreneurs grecs, mais aussi d'investissements directs étrangers. Même si il y a une reprise des investissements privés importante, rien n'indique qu'ils vont répondre aux besoins structurels de l'économie, tandis que les projections présentées actuellement montrent une absorption du chômage à très long terme, et ne comprennent aucune prévision ni aucun projet concernant les institutions sociales et les politiques environmentales. Le gouvernement se trouve donc dans la position contradictoire suivante: d'un coté les 'institutions' sont accusées de freiner le développement du pays, mais de l'autre on accepte que les politiques imposées par le 3ème memorandum conduisent à la reprise de la croissance.

Une approche radicale pragmatique

Un gouvernement de gauche aujourd'hui doit accepter qu'il se trouve face à une crise de régime qu'il doit affronter en fixant de nouveau buts stratégiques, et en instaurant de nouvelles institutions et methodes de gestion, en mettant donc en place un nouveau régime, qui ne soit plus sous le contrôle des groupes capitalistes, mais exprime les besoins et les projets des classes populaires qui ont porté au pouvoir ce gouvernement. À la base d'un nouveau régime doit se trouver la methode de la planification démocratique, qui permettrait de faire des choix selon les besoins, et de légitimer ces choix à travers des procédures démocratiques. Cette approche serait un moyen de mobiliser et valoriser les institutions représentatives au niveau des régions et des secteurs, et de mettre en valeur et incorporer dans la planification démocratique les initiatives d'Économie Sociale et Solidaire qui se sont développées dans le pays, ainsi que les alliances pour les communs et les mouvements sociaux.

Malgré le fait que les ressources publiques sont réduites à cause des politiques d'austerité, il serait possible d'utiliser les ressources disponibles d'une façon plus efficace. Il en s'agit pas seulement des ressources publiques (internes et européennes), mais aussi de la possibilité de prets de la Banque Européenne d'Investissements et du Plan Juncker, et de facteurs de production disponibles, la terre non cultivée, les batiments non utilisés et les equipements d'entreprises fermées ou abandonnées. Une banque publique de développement et des banques coopératives locales peuvent être des instruments privilégiés du système de planification. Il est aussi possible d'utiliser l'instrument des monnaies complémentaires pour accelerer le processus de reconstruction et créer des zones de production et d'echanges qui ne soient pas dépendants du marché mondial. Ce serait aussi des ensembles d'unités de production qui arriveraient à partir d'un certain moment à se reproduire selon une logique d'économie stationnaire, favorisant l'existence d'entreprises privées ou sociales qui sont principalement des sources de revenus et pas de profits.

Le gouvernement est en train de mettre en place un nouveau cadre institutionel qui concerne l'Économie Sociale et Solidaire, qui prévoit par région la création de Centres de Soutien aux initiatives d'ESS, qui devrait assumer aussi des taches de planification au niveau local et régional. Ce sera un test important de la volonté du gouvernement de faire un pas sugnificatif vers la methode de la planification démocratique. Existent déjà au niveau local quelques initiatives importantes mais isolées de Sociétés de Développement créées par des municipalités, et des Banques Coopératives qui assument ensemble le rôle d'institutions de soutien aux initiatives d'ESS, mais aussi aux petites entreprises et entreprises familiales. Il s'agit de voir à quel point il y aura une jonction de ces efforts, qui gardera le charactère collectif et démocratique de ces initiatives.

Des reseaux de gestion de communs, qui concernent p.e. l'eau et le recyclage de déchets, demandent a être reconnus comme alternatives face à la privatisation et à l'exploitation industrielle des déchets, c.à.d. à leur recuclage très partiel. Le reseau national des dispensaires sociaux créés dés le début de la crise par des medecins et infirmiers volontaires, continue à exercer une pression déterminante sur le système de santé, qui a déjà conduit à la gratuité des soins pour ceux qui en béneficient plus de la sécurité sociale. Le cas de VIOME, l'usine autogérée de Salonique, pourrait être suivi par d'autres initiatives allant dans le même sens qui sont proposées, si le cadre legal et des structures adéquates étaient mises en place pour faire redémarer et adapter à de nouveaux projets des unités de production fermées ou abandonnées par leurs propriétaires.

Une lutte sur tous ces fronts devrait s'intensifier pour imposer une transformation radicale des structures reproductives de l'économie et de la société. Il s'agit d'un projet inspiré des nouvelles formes d'organisation des mouvements populaires, mais aussi inspiré des valeurs de solidarité et démocratie mises en avant et appliquées par ces mouvements. Il s'agit d'une voie rationelle et démocratique qui exprime les aspirations et les besoins des classes populaires qui ont voté pour le gouvernement de gauche.

C'est une voie opposée à la dynamique en marche actuellement qui est dépendante des aspirations et besoins d'une classe capitaliste réticente à soutenir et assumer un projet de restructuration du pays, et qui conduit au contraire vers une marginalisation sociale et économique durable, d'un cout énorme pour la population. Cette dynamique reste prisonnière d'une vision 'developpementiste', nostalgique d'un passé d'euphorie pourtant factice, qui fut une période de prospérité pour de grandes catégories des classes moyennes. Du sein d'un monde du travail, désorganisé et paupérisé par les politiques néolibérales et la crise de l'emploi, surgisent de nouvelles formes d'organisation porteuses de projets restructurants qui modifient les méthodes d'élaboration et de gestion des politiques de développement, qui devrait être encouragées et encadrées par les politiques gouvernementales.


SYRIZA et le gouvernement gardent leurs charactères de gauche, mais le manque de préparation programmatique, et aussi le retard en ce qui concerne la formation des cadres capables d'assumer les élaborations de plans de développement durable à tous les niveaux, et aussi de gérer ces plans, pèse lourdement. Ce retard doit être comblé car faire fonctionner autrement et en grande partie transformer l'appareil économique et les institutions politiques n'est pas simplement une question de choix idéologiques mais surtout une question de capacités cognitives.

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